"/>
Lexique
Recherche      

FRANCE 2013


  A propos des cloches de Notre-Dame de Paris…

Depuis plusieurs mois, nombreux sont les visiteurs et amis du Musée et de la Fonderie PACCARD qui nous questionnent au sujet des cloches de Notre-Dame de Paris. Aussi nous a-t-il semblé nécessaire de rédiger un court billet clarifiant et/ou rectifiant un certain nombre de points concernant cette affaire.

1° La Fonderie PACCARD a-t-elle remis une offre pour le remplacement des cloches de Notre-Dame de Paris ?

La Fonderie PACCARD a effectivement fait partie des entreprises sélectionnées pour répondre à l'appel d'offres privé lancé en octobre 2011 pour le remplacement des 4 cloches de la Tour Nord - cloches du XIXème siècle, offertes par Napoléon III et de piètre qualité musicale - et la restitution du bourdon Marie de la Tour Sud, détruit pendant la Révolution Française à l'instar de toutes les cloches de Notre-Dame de Paris - à l'exception du remarquable bourdon Emmanuel fondu par Florentin le Gay sous Louis XIV.

Au total, cinq entreprises ont été sélectionnées pour répondre à cet appel d'offres : deux installateurs campanaires (la Société BODET et la Société MAMIAS) et trois fondeurs de cloches (la Fonderie hollandaise Eijbouts, la fonderie normande Cornille-Havard et la Fonderie Paccard).

Nous avons mis tout notre savoir-faire et donné le meilleur de nous-mêmes pour élaborer notre dossier - remis en trois exemplaires à la cathédrale le 21 décembre 2011 - tant sur le plan technique et artistique que musical. Nous attendions fébrilement que la commission décisionnaire nous fasse part de ses remarques et qu'elle nous convoque à un entretien oral, comme la réunion préparatoire du 2 novembre 2011 et le dossier d'appel d'offres le laissaient supposer, afin de nous donner l'opportunité de défendre notre projet de vive voix. Il n'en fut rien.

2° Pourquoi la Fonderie PACCARD n'a-t-elle pas été retenue ?

Si la réponse à cette question appartient naturellement au maître d'oeuvre et au maître de l'ouvrage qui, au fond, sont bien libres de choisir qui ils veulent, il semble évident que la réponse à cette question revêt une importance à la fois capitale et légitime pour la Fonderie PACCARD, étant donné l'importance de ce projet. Or, il se trouve que la Fonderie PACCARD n'a jamais obtenu la moindre réponse !

C'est par la presse, dans le journal de 20h du lundi 20 février 2012, que nous avons appris, après deux mois d'attente et sans aucune explication, que notre confrère normand était l'attributaire du marché.

La déception était grande mais elle n'était rien à côté de la stupéfaction qui nous frappait le lendemain en découvrant, toujours dans la presse et "entre les lignes", que la réalisation du bourdon Marie - la cloche du siècle par son importance historique et patrimoniale - serait réalisée par le fondeur hollandais !
 
Comment devions-nous interpréter ce choix? Quel camouflet pour notre entreprise! Notre première réaction fut l'abattement. Puis nous avons cherché à comprendre les raisons de cet échec en prenant contact par téléphone et par courrier avec le maître d'oeuvre et le maître d'ouvrage. Nous demandions deux choses : une réponse écrite nous expliquant les raisons pour lesquelles nous n'avions pas été retenus et la restitution de nos dossiers de réponse, compte tenu du haut degré d'investissement personnel qu'ils représentaient et de la présence d'esquisses de l'artiste André Brasilier - qui nous a fait l'honneur de nous accompagner dans la réalisation du projet décoratif.

Nous n'avons, à ce jour encore et malgré nos nombreuses demandes, reçu aucune réponse. Toutes nos lettres sont restées absolument sans réponse…

Une lettre ouverte rédigée par Anne Paccard, chargée de Communication, fut envoyée aux différents membres de la commission d'attribution, le 8 mars 2012. Celle-ci devait également rester sans réponse.


3° Qui sont les maître d'ouvrage et maître d'oeuvre du projet des cloches de Notre-Dame de Paris ?

Le maître d'ouvrage (le payeur) est l'association pour le 850ème anniversaire de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, dont le président est Monseigneur Jacquin, recteur de la Cathédrale. Les maîtres d'oeuvre, choisis par le maître d'ouvrage, sont Monsieur Benoît Ferré, architecte privé de la Cathédrale et gérant de la société EUROGIP et Monsieur Régis Singer, expert campanaire auprès du Ministère de la Culture. S'il est compréhensible que la maîtrise d'ouvrage  soit privée, il est en revanche tout à fait inhabituel que la maîtrise d'oeuvre d'un tel projet campanaire, concernant une Cathédrale - et quelle cathédrale - fasse l'objet d'un marché privé. C'est même la première fois que nous rencontrons un tel cas de figure.

En effet, les cloches sont considérées comme immeubles par destination. C'est pourquoi la maîtrise d'oeuvre relative au remplacement ou à la restauration des cloches de nos cathédrales - propriétés de l'Etat - est confiée ou supervisée par un architecte en chef des Monuments Historiques.

Nous avons cherché à comprendre pourquoi et comment, dans le cas de Notre-Dame de Paris, l'Etat s'est complètement dessaisi du dossier - pour arriver au résultat que l'on sait - en confiant la réalisation à une maîtrise d'oeuvre privée. De la Cathédrale, nous n'avons obtenu encore une fois aucune réponse à nos lettres. Nous espérons que nos démarches auprès de l'Etat se révèleront moins stériles
 
4° Que vont devenir les anciennes cloches de 1856 ?

On peut lire ici ou là qu'il n'a jamais été question que ces cloches soient détruites ou que leur destruction n'a été qu'une hypothèse rapidement évacuée. Ceci est absolument faux, ainsi que le démontre le cahier des charges communiqué aux candidats en octobre 2011 (Lot 6- Travaux PRELIMINAIRES & CLOCHES SOUVENIR). L'offre des candidats fondeurs a d'ailleurs été évaluée, entre autre, sur leur capacité à casser et à refondre en plus de 100 000 clochettes les anciennes cloches de Notre-Dame. Il s'agit du lot n°6, qui a naturellement posé problème aux candidats fondeurs car chacun sait que ce genre d'articles est fabriqué en Chine, ce que nous n'avons pas manqué de rappeler dans notre réponse à ce lot. Précisons que la réponse à ce lot était obligatoire, sous peine d'exclusion. Il est d'ailleurs fort probable que cela soit la raison de l'exclusion du candidat hollandais, écarté à l'ouverture des plis le 23 décembre 2011 (voir le document Synthèse des offres recevables et le rapport général transmis par Monseigneur Jacquin à la Commission des Consulteurs). C'est pourtant ce même candidat qui réalisera finalement le bourdon Marie…

5° Quel est l'attitude de PACCARD aujourd'hui vis à vis du projet de remplacement des cloches de Notre-Dame ?

Soyons honnêtes : la perspective de travailler à l'embellissement du patrimoine campanaire de la Cathédrale Notre-Dame de Paris nous a fait rêver pendant plusieurs semaines. Cependant, notre déception est aujourd'hui largement compensée par plusieurs facteurs.

Le dossier des cloches de Notre-Dame est manifestement un dossier opaque - comme le montre encore l'actualité de ces dernières semaines. Le choix du maître d'oeuvre de scinder le lot cloches en deux et, qui plus est, de confier la réalisation du bourdon Marie à la fonderie hollandaise Eijbouts constitue un non-sens et une véritable insulte au savoir-faire Français. Aujourd'hui, nous sommes heureux de ne pas être associés à ce non-sens et soulagés de ne pas avoir à travailler pour une association dont les pratiques ne nous inspirent guère de respect.

La logique - et le cahier des charges - commandait que toutes les cloches soient réalisées par le même fondeur, quel qu'il soit. Lorsque vous achetez un piano, vous n'acheter pas la moitié du clavier chez Yamaha et l'autre chez Pleyel ou Steinway… (la suite page 2)








Article rédigé par Anne Paccard
le 27 décembre 2012
Qui sommes nous?    |    Plan du site    |    CNIL    |    Ajouter aux favoris    |    Liens