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FRANCE


ROUEN : restauration du Carillon de la Cathédrale Notre-Dame

Symbole de l'Excellence à la Française…


Le deuxième bourdon Jeanne d'Arc
et ses "petites sœurs" en 1959

Petite histoire des cloches de la Cathédrale Notre-Dame de Rouen.

Il existe à Rouen un carillon (usage musical) et une sonnerie de cloches (usage cultuel). Cet ensemble campanaire, entièrement signé PACCARD, date de 3 époques : 1914, 1954 et 1959.

Le carillon de 1914 était composé de 29 cloches, 4 "basses" Ré3, Sol3, La3, Si3, et 2 octaves chromatiques. Il fut installé en 1920 dans la tour de Beurre. La sonnerie de 1914, installée dans la tour Saint-Romain, comptait quant à elle 4 cloches : Jeanne (16 tonnes), Caroline (La2 de 3300 kg), Jean-Baptiste (Do3 de 2000 kg) et la petite Marie (Ré3 de 1500 kg).

Juin 1944 : La "semaine rouge". Le 1er juin à 19 Heures, la tour Saint-Romain prend feu. L'incendie sera maîtrisé vers minuit, mais la chaleur est si intense que les quatre cloches fondent et se détachent les unes après les autres, au fur et à mesure que leurs anses se ramollissent, et viennent s'écraser sur la dalle de pierre du premier étage. Les charpentes en bois se disloquent et les poutres enflammées tombent, achevant de fondre l’airain. La Jeanne d’Arc de 1914 a péri cette nuit-là, comme sa Sainte patronne, dans un bûcher allumé par la folie des hommes. On retrouvera du métal jusque dans les escaliers en colimaçon.

1954 : En 1954 démarre la restauration comprenant l'extension du carillon qui comptera désormais 50 cloches. A l'époque, Alfred Paccard et son cousin Henri prennent la décision de remplacer par des cloches neuves les 20 plus petites cloches de 1914, afin de faire bénéficier le carillon des avancées réalisées par l'entreprise dans le domaine de l'accordage et de la musicalité. Par ailleurs, la restauration de 1954 verra l'ajout de 19 cloches neuves dans les aiguës, du Do#6 au Sol7, ainsi que de 2 grosses cloches : un La♭3 de 550 kg et un Si♭3 de 400 kg. Enfin, tous les accessoires, clavier, transmissions, beffroi sont remplacés à neuf.

Le concert inaugural du 19 avril 1954 fut assuré par Monsieur Maurice Lenfant, cheville ouvrière de cette rénovation.

1959 : Cette année marque la restauration de la sonnerie de la tour Saint-Romain, avec refonte de la Jeanne d'Arc (notre photo). Le but de cette restauration est de restituer à la cathédrale sa sonnerie de 1914/1920, détruite en 1944. Le choix se porte sur une sonnerie mixte : FA2 (actuelle Jeanne d'Arc, remplaçant celle de 1914), LA2 (Germaine), DO3 (Agnès), MI3 (Marie-Blanche), FA3 (Bernadette), FA#3 (Odile). Pierre Paccard, 21 ans, alors en école d'ingénieur, participe au traçage du bourdon.


Alfred Paccard et son fils Pierre dans les années 50.
Tracé du profil d'un bourdon

La Fonderie PACCARD remercie la DRAC Haute-Normandie, financeur du projet, ainsi que l'association du Carillon de Rouen, pour leur confiance.

 

2015 : "Reconstruction" du Carillon de Rouen

Après des années de gloire, le carillon finit par subir les affres du temps. Le clavier prend du jeu, les transmissions rouillent, au point que l'instrument finit par être arrêté. La restauration de la tour de Beurre, dans les années 90, laisse le carillon dans un piètre état. Il y a urgence à le restaurer. C'est dans ce cadre que s'inscrit la "reconstruction" - car il s'agit bien là de le reconstruire et de l'agrandir - du carillon.

"Le projet dans son ensemble a pour objectif, de regrouper dans le beffroi de la tour Saint-Romain, les cloches de la tour de Beurre, le bourdon déjà en place (Jeanne d’Arc), un ensemble de nouvelles cloches visant à compléter l’instrument, d’implanter dans cette espace une cabine de carillonneur permettant de recevoir l’instrument, et d’aménager un ensemble
de passerelles, escaliers, accès, permettant l’accueil du public" (D.C.E./Rapport de présentation).

16 cloches vont être réalisées, parmi lesquelles :

• 3 Bourdons (grosses cloches) :
Sol 2 de 5,4 tonnes ! sonnant à la volée (création nouvelle) : Romain
Si♭ 2 de 3,5 tonnes ! sonnant à la volée (création nouvelle) : Cécile
Ré# 3 de 1,3 tonnes ! sonnant à poste fixe (création nouvelle) : Guillaumes

Parmi ces 16 nouvelles cloches, certaines vont remplacer des cloches de 1914, dont la qualité musicale n'est plus suffisante aujourd'hui pour faire partie du carillon.

• Cloches de 1914 remplacées par de nouvelles (au nombre de 8) :
Sol 3 - La 3 - Si 3 - Do 4 - Do# 4 - Ré 4 - Ré# 4 - Mi 4

Les cloches correspondantes de 1914 seront néanmoins conservées pour leur valeur historique de témoins d'un savoir-faire remarquable pour l'époque. Deux d'entre elles seront d'ailleurs exposées dans la Tour Saint-Romain et reliées à l'ancien clavier, afin d'être présentées lors des futures visites du clocher. Par ailleurs, les 6 autres seront transférées de manière définitive dans la Tour de Beurre, où elles seront transformées en cloches de volée, ce qui permettra au clocher de la Cathédrale de ne pas être complètement muet durant la durée des travaux.

• et cinq cloches plus petites, coulées début avril, constituant une extension du carillon :
Sol# 7 - La 7 - Si♭ 7 - Si 7 - Do 8

A l'issue de la reconstruction, les 5 cloches de volée étant raccordées au carillon, le carillon de Rouen sera le deuxième plus grand carillon de France - et l'un des plus lourds d'Europe - avec 64 cloches, après Chambéry, 70 cloches, un carillon également signé PACCARD… Il y aura, par ailleurs, dans la Tour de Beurre, une sonnerie en volée de 6 cloches PACCARD, datant de 1914, témoins historiques de l'histoire de Rouen.

Particularité du carillon de  Rouen

Par sa situation dans la cathédrale de Rouen, par l'étendue de sa tessiture, par son histoire, le carillon de Rouen est remarquable à plus d'un titre. Mais l'un de ses plus grands intérêts est peut-être de constituer un témoin admirable de l'évolution et du perfectionnement de la facture instrumentale de carillon en France. Qui plus est, le nouveau carillon de Rouen bénéficiera de toutes les avancées technologiques réalisées par la Fonderie PACCARD dans la facture instrumentale de carillon. Cinq générations de fondeurs Paccard, issus de la même famille et de la même entreprise, se seront succédé pour faire de cet instrument l'un des plus remarquables d'Europe.


Démoulage du bourdon Romain,
le 3 novembre 2015

 
   
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